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Pablo Garcia

  • Pablo Garcia © DR

La Chartreuse a rejoint en 2013 le projet initié par le Frac Occitanie Montpellier et le lycée Jean-Vilar de sensibiliser les jeunes générations à l’art contemporain par la mise en place de rencontres et d’actions participatives autour des œuvres d’un artiste plasticien sélectionné chaque année par le Frac. La collaboration de la Chartreuse s’est naturellement portée sur l’accueil en résidence de l’artiste, lui offrant les conditions propices à la création d’une exposition personnelle in situ et d’ouvrir ainsi le propos au grand public. L’arrivée du musée Pierre-de-Luxembourg et du fort Saint-André en 2018 dans l’aventure a donné encore plus d’envergure au dispositif. Un véritable territoire s’ouvre à l’imagination de l’artiste pour explorer, questionner, investir l’esprit de ces trois lieux du patrimoine villeneuvois dans un jeu de dialogue, de miroir, de mémoire avec son travail de création.

Pour 2021, Pablo Garcia est l’artiste invité. Son travail résonne de façon sensible avec ce projet. En effet, la question de l’Histoire et de ses restes donnés à voir dans le paysage sont au cœur de ses préoccupations artistiques depuis près de quinze ans. Il l’explore tant comme matériau de réflexion sur notre présent et notre futur que comme terrain de questionnements sur notre rapport à la conservation des lieux historiques. 

Aujourd’hui, mes préoccupations s’orientent sur un aspect plus global de notre rapport quotidien à l’Histoire dans l’espace public : la notion de patrimoine, sa conservation et sa relation avec son entourage. Je projette mes protocoles de travail dans ces nouveaux espaces plus communs au regard de chacun pour trouver des biais de révélation de détails, de (re)lecture.

Pour cette résidence à Villeneuve lez Avignon, je souhaiterais axer mes recherches sur le rapport entre le regard adolescent des élèves du lycée et le riche patrimoine historique de la ville. Dans le prolongement de ma démarche déjà engagée pour une exposition à Lavaur, je désire développer de nouvelles pistes de travail avec une forte orientation pour la sculpture et la vidéo. 

Jouant réellement la carte de l’imprégnation des lieux, je ne peux envisager encore quelles pourront être les pièces réalisées pendant la résidence ni la forme qu’elles prendront. (…)

À côté de ce projet prédéfini par un protocole ouvert, je compte poursuivre des recherches en volume influencées par les architectures locales, leurs spécificités et leur histoire. J’imagine faire des allers-retours entre maquettes et installations dans un lien direct avec l’espace multiple d’exposition.

Ces propos s’inscrivent dans les interrogations qui ont été pour partie à l’origine de la mise en place de ce projet il y a sept ans. Quelle approche sensible, quelles mises en scène des fragments d’histoire ou de mémoire, quels mystères révélés ou désacralisés, quelles traces de l’humain pourrons-nous cette fois y voir grâce aux créations de Pablo Garcia ? Y entrapercevrons-nous, grâce au regard de l’artiste et au terreau fécond qui sous-tend sa recherche personnelle, ce qui fonde ou compromet parfois notre existence commune avec ces lieux de mémoire ? Notre conception cartésienne mais parfois douloureuse d’un temps distinct du passé, du présent et du futur ?

Ce premier temps de résidence en novembre 2020  est conçu pour découvrir les lieux, définir les axes de travail avec les enseignants et l’orientation des expositions qui seront présentées en mars 2021. Un second temps sera centré sur la production d’œuvres et les interventions au lycée.

 

Pablo Garcia, né en 1983 à Ivry-Sur-Seine, vit et travaille à Saint-Victor-La-Coste. Il est diplômé des Beaux-Arts de Montpellier en 2006 et d’un master aux Beaux Arts de Nîmes en 2016. C’est un voyage à Berlin en 2004 et la visite des ruines du camp de Sachsenhausen qui sont le point de départ de son travail. Après avoir exploré notre rapport à la conservation de ces sites, il s’intéresse aux anciens champs de batailles et à leurs paysages. Depuis peu la question du patrimoine architectural s’ajoute à ses réflexions. La rencontre et l’expérience des lieux restent toujours à l’origine de ses travaux. Il a exposé entre autres à Lieu Commun à Toulouse, à l’espace Angle dans la Drôme ou au Frac Occitanie Montpellier. Il présente son travail de septembre à novembre 2020 à Carla-Bayle en Ariège. 

Un projet du Frac Occitanie Montpellier en partenariat à Villeneuve lez Avignon avec le lycée Jean-Vilar, le musée municipal Pierre-de-Luxembourg, le fort Saint-André et la Chartreuse.