Fièvres : Généalogie d’une insurrection

  • Mustapha Benfodil  © DR
  • Kheireddine Lardjam © DR
(titre provisoire)

MUSTAPHA BENFODIL

Algérie

metteur en scène Kheireddine Lardjam

Fièvres explore les pulsions sociales, sismiques de l’Algérie contemporaine. Il est la suite logique et organique d’un précédent spectacle intitulé End/Igné (commande et création de la Cie El Ajouad, 2013) où il était question du destin d’un héros solitaire, Aziz Benmessaoud, blogueur-justicier qui dénonçait les magouilles des notables d’une petite bourgade pétrolière et pauvre dénommée Balbala, et qui finit par s’immoler en plein tribunal en proclamant : « J’ai allumé mon corps pour le regarder vivre ». Dans Fièvres, c’est le chemin tracé par Aziz Benmessaoud qui sert de fil rouge, celui qu’emprunteront ses « enfants politiques » jusqu’au soulèvement de tout le peuple de Balbala.

Fièvres est l’écho discret de ces petites voix presque inaudibles, celles de milliers de petits Aziz qui ont nourri ce grand fleuve impétueux qu’est celui de l’Algérie insurgée du 22 février 2019. C’est cette marche silencieuse, cette généalogie improbable qui est écrite en filigrane. Pour ce qui est de ce temps de résidence à la Chartreuse, il est surtout destiné à permettre à l’auteur et au metteur en scène d’avancer sur l’écriture du spectacle, d’approfondir le travail de dramaturgie et de réflexion sur la forme à donner à ce spectacle.

Mustapha Benfodil est un écrivain protéiforme dont l’écriture mêle roman, théâtre, poésie, essai… Il est également journaliste-reporter à El Watan. Son travail de terrain, au plus près de la société algérienne, notamment pendant sa jeunesse, a donné ce ton particulier à ses textes de création où se côtoient allègrement fiction formelle et travail documentaire.
Fièvres est donc aussi une manière de fixer et d’interroger la séquence insurrectionnelle actuelle en Algérie de la même façon que son dernier roman, Body Writing (sorti en France aux Éditions Macula en septembre 2019 sous le titre Alger, journal intense) s’est attaché à documenter les émeutes fondatrices d’octobre 1988.

Commande d’écriture de Kheireddine Lardjam-Cie El Ajouad.

Avec le soutien de la Chartreuse-CNES ; de l’Institut français.